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L Argumentation Directe Dissertation Topics

Corrigé

Les titres en couleur et les indications entre crochets servent à guider la lecture mais ne doivent pas figurer sur la copie.

« L’écrivain sait que toute parole est action », affirme Sartre dans Qu’est-ce que la littérature ? Il a ainsi « longtemps pris [sa] plume pour une épée », comme l’ont fait Voltaire, Diderot, Zola, qui connaissaient l’efficacité argumentative de la littérature pour critiquer l’homme et la société. Mais tout écrivain doit choisir la stratégie à adopter pour mener ce combat. L’argumentation directe est-elle un bon moyen pour critiquer l’homme et la société ? À coup sûr, elle présente beaucoup d’atouts pour emporter l’adhésion du lecteur . Mais les autres formes d’argumentation – notamment indirecte – sont elles aussi très efficaces . Laquelle donne le plus de force à la critique ? Cela dépend de nombreux paramètres dont il faut tenir compte avant de choisir l’une ou l’autre .

I. La force et les atouts de l’argumentation directe : convaincre

1. La diversité des genres de l’argumentation directe

  • Les les , qui abordent de multiples sujets – politique, social, philosophique et religieux… –, se prêtent à l’ (Traité sur la tolérance, de Voltaire), d’une institution (la justice par exemple). Dans l’, l’auteur s’engage pour soutenir sa thèse ; le , lui, obéit à une volonté (L’Esprit des lois, de Montesquieu ; Émile, de Rousseau).
  • L’argumentation directe peut prendre une , qui permet la  : celle du , pratiqué dès l’Antiquité (dialogues de Platon) et populaire au e siècle (Le Neveu de Rameau, de Diderot).
  • Elle peut avoir un à travers le , qui s’adresse à un public collectif et s’appuie sur les (discours de Hugo « Sur la misère » en 1849 devant l’Assemblée, ou de Robert Badinter en 1981 pour l’abolition de la peine de mort en France).

2. L’efficacité de l’argumentation directe pour critiquer

  • Le sujet abordé est clair ; la thèse est exposée au premier degré [exemples personnels]. La démarche déductive, qui part d’une idée générale, d’une thèse et en fournit des illustrations, est inspirée par les raisonnements mathématiques (réseau de causes, de conséquences, de concessions, d’oppositions…) dont elle a la rigueur et la solide structure « thèse-arguments-exemples ». C’est la forme que privilégient pour traiter de Pascal dans ses Pensées au e siècle, Rousseau (Émile ou de l’Éducation), Montesquieu (L’Esprit des lois), Voltaire (Traité sur la tolérance) au e siècle.
  • Tout cela limite ou  d’interprétation de la part du lecteur et . L’auteur vise l’ en couvrant la totalité du sujet et en le présentant sous plusieurs angles, notamment dans les dialogues (Supplément au Voyage de Bougainville, de Diderot).
  • La rigueur et la volonté d’objectivité de l’argumentation directe , qui a le loisir d’ajouter une dimension personnelle à son argumentation, ce qui peut renforcer l’intérêt du lecteur et provoquer ses réactions (hostiles ou favorables) [exemples personnels].

II. La concurrence de l’argumentation indirecte : persuader

Mais, pour argumenter, il faut aussi « plaire » (La Fontaine).

1. La diversité des genres de l’argumentation indirecte

  • L’ prend diverses formes : les – avec leurs animaux, objets, végétaux qui composent un monde merveilleux [exemples], les du e siècle, souvent plaisants, à l’action mouvementée et à portée morale ou philosophique (Voltaire, Candide, Zadig), l’, description d’un monde idéal qui permet de critiquer la société [exemples].
  • L’argumentation indirecte peut prendre la forme animée du , qui, selon Hugo, « est une tribune » ; fiction « jouée », il donne l’illusion de la réalité. Ainsi Marivaux, dans L’Île des esclaves, met une utopie sur scène pour critiquer le comportement des « maîtres ».
  • Le , qui recrée tout un monde, peut aussi prendre une portée sociale : la description de la misère des mineurs par Zola dans Germinal est une critique du capital et une défense des démunis.

2. L’efficacité de l’argumentation indirecte pour critiquer

  • Argumenter indirectement, c’est répondre au et s’adresser à leur , à leur avant de parler à leur esprit : on s’intéresse aux personnages, aux rebondissements, à l’action… [exemples]. Cela permet l’évasion dans d’autres mondes, parfois merveilleux (fables de La Fontaine, l’Eldorado dans Candide). La possibles est  : humoristique, ironique, pathétique, polémique… si bien qu’elle touche un public très divers.
  • L’argumentation indirecte propose des , incarnées, plus . Elle évite le discours théorique et le ton didactique, touche ainsi un large public, de tous les âges (les fables plaisent aux enfants et aux adultes).
  • Elle  : un lecteur admet aisément la critique d’un personnage différent de lui, venu d’un monde fictif (animaux, végétaux, dans les fables, les contes) ; une fois le récit fini, la transposition lui est imposée. Au théâtre, le « message » implicite s’impose avec d’autant plus de force au spectateur que le personnage est vu et entendu [exemples].
  • L’auteur peut aussi ses personnages et les , en faire des victimes ou les rendre totalement sympathiques (Fantine dans Les Misérables) ou particulièrement odieux (Javert dans LesMisérables).
  • Elle implique une  : le lecteur a un rôle actif ; il doit décoder les intentions de l’auteur, implicite (le message de Germinal chez Zola ou de Rhinocéros chez Ionesco).
  • Enfin, l’argumentation indirecte pour se défendre de la censure (Les Lettres persanes, de Montesquieu).

III. Que choisir ? Cela dépend…

Chacune de ces stratégies a ses atouts mais aussi ses limites

1. Chacune de ces stratégies n’a-t-elle pas des limites ?

  • L’ est parfois , voire rébarbative par sa rigueur, son abstraction. Elle aussi , cultivé et donc limité. Enfin, trop directe, elle peut choquer par son parti pris qui heurte les convictions du lecteur [exemples].
  • L’ présente le risque d’une par un lecteur peu averti. Ainsi Rousseau pense que les fables de La Fontaine ne conviennent pas aux enfants qui admirent le Renard au lieu de plaindre le Corbeau. L’implicite et l’humour sont parfois difficiles à discerner ; l’ironie (contes philosophiques ; « De l’esclavage des Nègres », de Montesquieu) exige recul et distanciation. Par ailleurs, pour être efficace,  : la séduction excessive d’une « histoire » à laquelle on s’attache pour elle-même risque de faire passer la « morale » à l’arrière-plan [exemples]. Elle doit aussi d’une réalité complexe, un grossissement sans nuances qui ferait que l’on n’y « croit pas ».

2. Un choix qui dépend de certains facteurs

Avant de choisir, il faut tenir compte de divers paramètres.

  • L’écrivain doit , des goûts et de la sensibilité de  : s’agit-il d’un public jeune ? mûr ? « spécialisé » ? À chaque époque correspond une stratégie différente. Le e siècle, brillant, léger, apprécie les démonstrations indirectes et ironiques des contes philosophiques [exemples] ; la fin du e siècle, scientiste et positiviste, se reconnaît dans des essais fouillés et argumentés.
  • Le choix du type d’argumentation dépend aussi de la  : un écrivain fantaisiste, imaginatif, comme La Fontaine, prend plaisir à argumenter à travers une « histoire » ; tel autre, plus sérieux, comme d’Alembert, préfère s’exprimer directement.

3. La combinaison des deux types d’argumentations ?

  • , selon leur public et le contexte : Montesquieu est l’auteur des Lettres persanes (roman épistolaire fictif qui fait la satire humoristique des mœurs mais aussi du pouvoir politique et religieux de son temps) et de L’Esprit des lois, traité de sociologie et de philosophie politiques ; Hugo argumente indirectement dans son roman Les Misérables et directement dans ses discours politiques.
  • , enfin,  : ainsi, dans une pièce de théâtre ou un roman, dans un conte philosophique, il arrive qu’un personnage, porte-parole de l’auteur, argumente directement (Marceline, dans Le Mariage de Figaro, dénonce le sort injuste réservé aux femmes). Inversement, certains discours ou essais développent des exemples qui se présentent comme de véritables petits apologues.

Conclusion

Finalement, argumentation directe ou indirecte ? On ne saurait répondre de façon catégorique. Chaque stratégie a ses atouts : clarté, rigueur et limpidité pour l’une, agrément et implication du lecteur pour l’autre. Leur efficacité dépend de nombreux facteurs (contexte, aptitudes du créateur, sensibilité du destinataire…) et c’est sans doute la conjonction des deux stratégies qui permet de donner de la force à une critique et d’engager toutes les sortes de public dans les débats d’idées.

Over the last ten years, argumentation has come to be increasingly central as a core study within Artificial Intelligence (AI). The articles forming this volume reflect a variety of important trends, developments, and applications covering a range of current topics relating to the theory and applications of argumentation. Our aims in this introduction are, firstly, to place these contributions in the context of the historical foundations of argumentation in AI and, subsequently, to discuss a number of themes that have emerged in recent years resulting in a significant broadening of the areas in which argumentation based methods are used. We begin by presenting a brief overview of the issues of interest within the classical study of argumentation: in particular, its relationship—in terms of both similarities and important differences—to traditional concepts of logical reasoning and mathematical proof. We continue by outlining how a number of foundational contributions provided the basis for the formulation of argumentation models and their promotion in AI related settings and then consider a number of new themes that have emerged in recent years, many of which provide the principal topics of the research presented in this volume.